"Faut pas qu'on s'plaint !" | |
Suite et fin !Uyuni Nous voila partis pour Uyuni, presente comme un des "must do" de Bolivie, vers lequel converge tout ce que le pays compte de touristes. Arrives en ville accompagnes d'un anarchiste espagnol de 60 ans et de sa compagne bretonne de 30 ans sa cadette, nous sommes tout de suite refroidis par le climat glacial et les prix de la ville la plus chere de Bolivie.
Avant poste militaire perdu dans le desert, Uyuni n'a rien d'affriolant et nous negocions un tour dans le salar pour le lendemain. Negocier est un bien grand mot puisqu'apres une heure de palabres, le prix n'a pas bouge...on est tres fort!
Comme d'hab, le cote Disneyland ça nous emballe pas trop et on se monte un p'tit tour prive, en sens inverse et plus long que la moyenne histoire de court-circuiter le flux de 4x4 qui deboulent a la queue leuleu et a la meme heure sur les differents sites. L'idee s'avere judicieuse et nous nous regalons pendant 5 jours!
5 jours de paysages grandioses, de soirees belotte au coin du poele, et de parties d'echecs auxquels nous ont initie Adele et Francisco.
Des vallees de pierres, des lagunes aux couleurs surrealistes, des formes d'erosion hallucinantes, des bains dans des sources chaudes, des repas au top, d'hotel de sel, du vent glacial aussi qui nous fait decouvrir la rudesse de la vie dans ce secteur aux confins de la Bolivie, de l'Argentine et du Chili.
16 heures de bus pour rallier La Paz. 1ere tentative: apres 3 heures de route, le bus s'arrete au milieu de nulle part... bloque par un groupe d'une centaine de campesinos (paysans) qui revendiquent des amenagements routiers (c'est a dire un peu de goudron sur la piste...). Moment epique a partager clopes, coca (a mâcher), et conversations dans la nuit glaciale en se rechauffant a tour de role aupres d'un pneu de camion enflamme.
Apres 2h du mat', la goutte au nez et l'onglet, nous rejoignons l'interieur du bus et les autres touristes restes enfermes par crainte de se faire decouper en rondelles tandis que nos sympathiques emmerdeurs passent le reste de la nuit dehors avec vieillards et nourrissons emmitoufles (jusqu'a -10oC...ils ont la moelle!!).
Au petit matin nous repartons a la peche aux informations (aussi differentes qu'il y a de protagonistes). Le gobernador attendu pour negocier n'est apparamment pas pret de pointer le bout de son nez et nous apprenons que les barrages sont generalises sur la plupart des axes routiers de la region. Retour a Uyuni et deuxieme tentative le soir suivant. Seule solution pour contourner le probleme, emprunter les vieilles pistes du salar... tellement peu utilisees que le chauffeur ne les connait visiblement pas. Vive les demi tours, marches arrieres et longues hesitations sur les pentes escarpees et caillouteuses du volcan Tunupa!!
El Choro et Coroico Apres une courte halte "douche chaude" et "coupe du monde" a La Paz, nous retrouvons Sylvie et Olivier nos deux bruxellois, et projettons d'aller nous degourdir les jambes ensembles sur le treck d'El Choro; ce qui au passage nous evitera de faire en bus "la route de la mort", presentee comme la plus dangereuse du monde...a juste titre. 3 jours de rando magnifique et eprouvante.
70 km où nous grimpons a 4900 m pour redescendre a 1300 m dans les Yungas.
Des paysages de montagnes arides, froids et venteux, aux foret sub tropicales. 3 jours de descentes vertigineuses et de montees bien raides sur le chemin inca: denivele cumule estime a 5000m !! Pieds en bouillie mais que c'etait beau!
De Coroico, ville d'arrivee du treck, perchee sur un cerro , nous levons le pied deux jours (douche, fondue, pti expresso...l'appel de la France commence a se faire sentir) et admirons la vue sur les gorges tapissees de foret, les sommets enveloppes de nuages, les plantations d'agrumes et de cafe. Si nous avons trouve les boliviens un peu plus "froids" sur l'altiplano, nous sommes ravis de pouvoir a nouveau echanger avec la population chaleureuse des Yungas.
C'est ici aussi que l'on peut rencontrer les descendants des rares survivants afros, esclaves dans les mines d'argent de Potosi. Si le metissage n'est pas tres rependu et que les africains du secteur preservent encore leur culture, on a quand meme croise quelques boliviennes aux cheveux crepus et cholitas aux traits negroides.
Rurrenabaque et le bassin Amazonien La foret sub tropicale qui nous entoure nous donne tres envie de rejoindre le bassin amazonien et de trainer a nouveau nos guetres en foret! Ça tombe bien Rurrenabaque est toute proche, du moins sur la carte car en bus c'est une autre histoire... 18 heures dans un bus pourrave a longer le precipice avec a la cle marches arrieres nocturnes sur 200 metres, roues dans le vide, bus qui penche et panique generale a bord chez les locaux pourtant accoutumes... François prend 10 ans au passage! Puis piste defoncee où chaque nid de poule (plutot d'autruche) nous fait decoller de nos sieges, c'est tellement plus rigolo un bus sans amortisseur! Apres Uyuni, nous voici a Rurrenabaque, seconde "gringo town" de Bolivie. Tous les tours operateurs proposent les memes circuits: soit visite de la pampa, ideale pour l'observation des animaux et option choisie par 80% des touristes ( vive la communion avec la nature a 10 sur une pirogue entouree de 10 autres embarcations pleines...), soit un tour un peu moins frequente dans la jungle avec nuit en bungalows, fabrication de bijoux en noix de coco a 14h et peche au piraña a 17h... "Tu l'as faite la jungle toi??!"
En bons sauvages que nous sommes, nous decidons de nous concoqueter un tour prive et sur mesure: 4 jours/3 nuits loin de tout et de tous. On part cette fois-ci pour un sejour peche et navigation.
Organisation a la bolivienne: retard a l'allumage, le cuisto que nous ne trouvions pas indispensable nous est impose sous l'etiquette de guide (panique, il s'est paume la premiere nuit en foret...), heureusement le dueño indigene de la lancha s'avere etre le vrai et bon guide; et pas assez de bouffe pour l'expedition... l'activite peche devient vite une obligation vitale! Recherche de grosses larves dans la vegetation rivulaire, cueillette de bananes, papayes, manioc et avocas par-ci par là, deterrage de lombrics geants avec en option decoupage de serpent mortel en rondelles par François et sa valeureuse machette, et longues seances de peches dans des rios noirs ou limpides et aux eaux courantes.
La 1ere nuit nous plantons le campement sur une grande plage de sable fin du rio Beni, et suivons Silverio a la chasse aux rainettes et petits poissons, appats de choix pour la peche nocturne. Le feu crepite sur un coin de la plage, le chant des crapeaux rempli la nuit et nous profitons de ce moment magique entre les meandres marecageux du rio et la lisiere de l'inquietante foret, les yeux des alligators et autres bestioles se refletent dans le faisceau des lampes torches. Au petit matin dans la brume nous decouvrons les empreintes du jaguard a quelques metres des tentes. On ne l'a pas vu mais lui ne nous a pas rate!
Le lendemain nous traversons la foret a pied et nous nous retrouvons nez a nez avec une harde de cochons sauvages (+ de 150 individus de 80 kg en moyenne qui vous passent juste devant a toute allure en poussant des grognements d'intimidation, ça fait son effet). Nous nous installons sur un petit affluent et rebelotte, depart a la peche pour agrementer le riz du soir. François n'est toujours pas en veine et ramene juste une tortue que nous avons toutes les peines du monde a sauver du ragout...On aurait bien goute mais l'ecotourisme en aurait pris un coup (deja que le stock de rainettes a bien diminue apres notre passage...).
Au crepuscule notre campement s'avere etre un super spot d'observation du grand tapir et de cervides. Nous voila repartis de nuit a la chasse aux appats. François a pris le coup et fait jeu egale avec Silverio dans l'eclatage de rainettes et de petits poissons a la machette. Outil fabuleux et indispensable en foret... Nous longeons et traversons a maintes reprises le rio; partout sur les berges nous observons les traces (tres) fraiches d'El Tigre: Nous sommes clairement sur le territoire de chasse du gros chat, et pendant que les garçons donnent de grands coups de machettes dans l'eau, je scrute les alentours a la torche et fais donc office de vigie. Nous rentrons au bout de trois heures (avec la certitude d'etre observes); le cuisto a entendu le gros chat "miauler" a quelques metres du campement et attend avec impatience notre retour et celui des machettes... Nous n'aurons pas eu la chance de voir le minou, mais quelle sensation incroyable de se sentir epies au coeur de la foret. La peche peut (re)commencer, un poisson chat et deux raies plus tard, pas de quoi satisfaire François, mais le pti dej' est assure.
3eme et dernier jour: apres quelques heures de navigation, nous penetrons un peu plus au coeur du parc. La peche de subsistance continue et moi je me gratte et ronge ma canne ... non aucun sens figure pour exprimer ma lassitude (quoique), je gratte mes innombrables piqures d'insectes (mariwi ou sand-flies infernales et affamees, adieu la jupette prevue pour les mariages du mois de juillet...) et je machouille ma canne a sucre au delicieux jus. Je ne suis pas une becheuse mais pas une pecheuse non plus... Mais bon François a l'air content malgre les resultats, et nos comperes ravis du theme de l'expedition qui doit plus leur paraitre comme un week-end entre potes.
Sur le retour la pirogue fait halte chez une famille indigene du fleuve pour recuperer quelques provisions. Lieu a l'ecart du monde, completement isole ou les gamins sales jusqu'a l'inimaginable et la peau grelee de piqures d'insectes, ne voient jamais l'ombre d'un instit ou meme d'un gringo. La famille nous observe avec une mefiance manifeste et nous repartons avec regimes de bananes, canne a sucre, et viande de tapir. Deux ethnies principales peuplent la vallee du Beni et affluents qui ont la particularite d'avoir resiste aux differentes tentatives de soumission tant pre-hispaniques (Tiwanaku, Incas) qu'hispaniques et chretiennes. Contrairement au PN Noel Kempff, ou l'objectif est la conservation a tout prix (interdiction d'habiter dans l'enceinte du parc), ici les ethnies y ont toujours vecues et y vivent toujours, avec des droits de chasse, peche et cueillette. Le parc naturel et les aires protegees attenantes (Reserve de Biosphere...) ont tout de meme des programmes de conservation de la biodiversite tout en integrant les quelques communautes et leur mode de vie traditionnel.
Cadavres de raies destines a appater a l'avant du bateau, fruits en tous genres, viande sechee etalee en plein soleil sur les toiles de jute qui protegent les sacs a l'arriere, au bout de 4 jours la lancha ressemble plus a une embarcation de trappeurs qu'a un "promene touristes"...
Voila encore une incursion en foret que nous ne sommes pas prets d'oublier: plantes aux multiples vertues medicinales ou autres, lianes grogees d'eau fraiche, presence quasi mystique des animaux et chant envoutant de l'oiseau sentinelle (souvenirs de Guyane pour François). Decidement la foret c'est notre truc, nous nous promettons de refaire des que possible une expedition un peu plus longue dans la selva alta ici ou ailleurs... Lac Titicaca Retour a La Paz dans un petit zinc. En moins d'heure la foret laisse la place aux pics enneiges de la Cordillere et a l'Altiplano. A peine debarques, un bus nous emmene a Copacabana sur les rives du gigantesque lac Titicaca (+ de 13.000 km2). La ville fut un lieu de pelerinage pendant plusieurs siecles et garde une tradition de lieu sacre (en temoignent les dizaines de voitures decorees qui stationnent tous les jours devant la cathedrale en attente de leur benediction).
Ô surprise, François a ramene un petit souvenir de la jungle: a trainer pieds nus dans les rios et marigots on a reussi a eviter les piqures de raies et morsures de serpents mortels mais pas la severe infection de la mycose des pieds qu'il se traine depuis plusieurs annees. Orteils purulents, ganglions douloureux dans l'aine, fievre... antibios et repos afin d'eviter la septicemie. 48h sans sortir de la chambre d'hotel avec teloche...c'est a se demander si cette infection n'est pas un pretexte pour matter les 1/4 de finale de la coupe du monde... Je ne me plains pas de cette glandouille imposee parce qu'apres plus de 8 mois de voyage il faut bien avouer que notre enthousiasme s'est emousse et que la France commence serieusement a nous trotter dans la tete. Allez, on se met un coup de pied au cul, on est pas arrive la pour enfiler des perles. Derniers point fort du voyage, on file sur l'ile du soleil, berceau de la civilisation pre-inca Tiwanaku.
Douce nuit sur la plage du village de Challapampa et decouverte des vestiges incas du nord de l'ile (ruines, temple, table des sacrifices...).
Les criques sauvages aux eaux turquoises ont des petits airs de Corse (la cordillere blanche en plus...) et la population locale est tres sympa; on se retrouve meme embauche pour la realisation d'une toiture traditionnelle de maison.
Le lendemain, nous traversons l'ile du nord au sud sur le chemin inca jusqu'au village de Yumani, sorte de Disneyland bonde ou chaque maison a ete transformee en hotel-resto... on a bien fait de se concentrer sur le nord!
La Paz Retour definitif a La Paz. La ville nous plait mais le manque d'entrain qui nous caracterise depuis quelques jours se fait de plus en plus fort: Pas de musees, pas de visites, pas de photos, meme le site de Tiwanaku (pourtant inscrit dans nos incontournables) passe a la trappe. Le programme se resume a deambuler dans les marches de la ville, lieux hallucinants ou se cotoient les vendeurs de fruits et legumes, de foetus de lamas, de cochons d'Indes (a manger ou de compagnie...). La rue des quincaillers, la rue des comedors, des luminaires, la rue de l'artisanat, la rue des produits de toilette, la rue des semelles, la rue des jouets.... et tout ça sans se faire concurence evidemment!
Attention quand meme aux tentatives des voleurs a la tire. Par deux fois François s'est fait encercler par des hommes tandis que l'un d'eux lui crachait dessus en attirant son attention vers une fenetre du 1er etage... Technique normalement tres efficace pour distraire et faire les poches; mais on ne la fait pas a doudou (qui a tout appris de son papa ;-)) et qui sait jouer des coudes dans les cotes de ses assaillants. Pour nos derniers jours de vacances on se dorlotte, grasse mat', achats d'artisanant, litrons de jus de fruits frais, finale de la coupe du monde, massages et nettoyage de peau... hummm!!
Nous allons quitter la Bolivie demain, ses couleurs, ses cholitas nattees, ses repas complets a 1 €, ses paysages incroyablement varies et spectaculaires, sa population fiere et chaleureuse, ses transports pleins de surprises (...), sa foret, ses routes de terre rouge, ses moto-taxix, ses soupitas delicieuses, ses riches croyances, ses petits metiers (mais qui maintenant va nous recoudre nos sacs a dos ou affuter le couteau dans la rue?) et tout ce que nous avons adore ici au point de nous faire sauter la case Perou... Voila c'est finit chanterait Jean-Louis Aubert ! Demain avion pour Lima, un week-end a Barcelone pour la fiesta pre-nuptiale de Gilou et Svelte Lana puis Paris et retour au home sweet home...enfin celui de nos parents! Epiglotte En conclusion, notre voyage c'est: 75.000 km de parcourus, 6 futals uses, 2,2 hectolitres de biere et autres spiritueux, 15 coups de soleil, 1795 piqures d'insectes, 4 paires de lunettes perdues (pour Marion), 3 tentatives de vol, 185 resto differents, 25 tampons sur le passeport, 5 degueulis (toujours pour Marion), 12 kg de riz chacun et autant de patates, 5 touristas, 250 truites, 12 kg en moins pour moi et 6 pour Marion (gniak gniak), 260 jours et 50 douches (faites le compte...), 1 entorse, 0 fracture, 32 engueulades, 1 diamant, 250 especes d'oiseaux, 20 jours de pluie, 19 litres de cafe, 0 jaguard, 14 appels en France, 195 heures et 500 € de net pour faire le blog, 2105 photos, 1 coup de blues (encore pour Marion), 285 "attention Marion!", 8450 "Passe moi l'appareil photo", 4 loutres geantes, 1 grippe presque A, 352 empanadas, tellement de rencontres, 0 tucunare, 1 budget a 5 chiffres, 4840 "Put... que c'est beau!", 1 1/2 tube de dentifrice, 22 fois le vertige pour moi et 150 cheveux blancs en plus (Marion aussi), 5 coupes douteuses chez le coiffeur, 95 nuits dans la nature, 2 duvets malodorants (desoles Charlotte), 42 mouches et leurres de perdus, 2 millards de souvenirs, et surtout 1 sensation unique, celle de la liberte !! Retour au bercail heureux de cette "bouffee d'air" et de retrouver notre pays. Merci a tous pour les soutiens en tous genres et pour nous avoir suivi a travers le blog. L'aventure continue... "L'etendue de montagne, le ciel clair de decembre, la tiedeur de midi, le gresillement du narghile et jusqu'aux sous qui sonnaient dans ma poche, devenaient les elements d'une piece où j'etais venu, a travers bien des obstacles, tenir mon role a temps. [...] Mais dix ans de voyage n'auraient pas pu payer cela. Ce jour la, j'ai bien cru tenir quelque chose et que ma vie s'en trouverait changee. Mais rien de cette nature n'est definitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prete ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant le vide qu'on porte en soi, devant cette espece d'insuffisance centrale de l'ame qu'il faut bien apprendre a cotoyer, a combattre, et qui, paradoxalement, est peut-etre notre moteur le plus sûr." L'usage du monde. N. BOUVIER (merci Nico!) Publié à 22:17, le 13/07/2010, La Paz Mots clefs : l'enfer vert de l'autre cote de la frontiereCaceres cote bresilien. Ambiance de frontiere tropicale, hotel douteux (en fait sans avoir vraiment de doute sur la salubrite et les frequentations du lieux...), controles policiers pointilleux, chaleur accablante, traffics en tous genres, rues crados. Puis San Mathias cote bolivien, la meme mais en version beaucoup plus cheap! Facies d'indiens, retour a la langue espagnole, infrastructures defraichies a souhait, assiete de poulet a 1€... on en avait envie, on est servi ! Notre 1ere envie en Bolivie, visiter le sauvage et recule Parque Nacional Noel Kempff Mercado. De nombreux parcs existent en Bolivie mais on fantasme sur celui ci parce qu'il est difficilement accessible, avec un tourisme assez peu developpe et que nous, ce qu'on veut c'est justement se sentir paume dans la foret!! San Ignacio de Velasco, capitale de la Chiquitania de 40.000 ames a l'ambiance villageoise. Nous commençons par jouer les detectives: quels sont les moyens d'atteindre cet ilot de nature vierge? Avec qui? Combien? Quoi !??! La FAN (immense ONG naturaliste) souvent recommandee n'a plus de bureau ici, l'office du parc national ne nous apprend pas grand chose si ce n'est que la plupart des sentiers sont impraticables faute d'entretien. Seul Jose propose de nous emmener moyennant la modeste somme de 550€, 2 jours pour l'aller/retour, et 3 jours en mode papi pour parcourir en 4x4 les quelques chemins qui ne sont pas barres par les arbres morts...bof bof. On hesite a passer notre chemin...
La chance met finalement Eduardo dit Papillo sur notre route; la 40taine, boiteux et l'air malicieux dont la devise se revele etre "tout est possible...si t'as le temps" ! Et justement du temps on en a. Dans quelques jours il doit recuperer un petit groupe arrivant par avion, on peut partir en avance avec lui et profiter de 10 jours pour un prix bien inferieur a celui propose par Jose. BANCO!! Reste a trouver une movilidad (moyen de transport, van, 4x4, jeep...) parce que la sienne est en rade...un detail.
Papillo monte une nouvelle affaire, resto tradi avec cuisine bio au bois, et hebergement, en plus de sa petite agence. Les cuisinieres sont a l'oeuvre depuis une semaine seulement, un pseudo maçon monte un mur au rythme d'une brique par jour, des 3 chambres existantes, deux sont occupees par des amis qu'il depanne et le resto compte 3 tables sur les 100 du projet... On recupere une vaste piece betonnee avec sommier, pas encore d'eau chaude et une ambiance familiale. On se sent tres vite chez nous, le passage de ses amis est continuel et l'on apprend vite qu'il est le representant officiel de la culture chiquitana dans la region. Face a la predominance des Quetchuas et des Aymaras des hauts plateaux andins, renforcee par la presidence d'Evo Morales, les indiens Chiquitanos se battent pour preserver leur culture et obtenir l'autonomie au sein de la region de Santa Cruz. Lutte contre les tentatives de l'etat d'etouffer leur mouvement notamment en deplaçant des habitants des cultures sus citees dans la region, et de monter les ethnies les unes contres les autres, mise en place d'un incroyable dispositif de tourisme communautaire pour preserver les differentes communautes indigenes... nos conversations avec Papillo sont passionnantes. Il connait la region et le parc comme personne et nous conte d'etonnantes histoires, notamment l'assassinat du biologiste Noel Kempff Mercado par les narco-traffiquants, protection de ces derniers par le pouvoir central, allers-retours des avions pour vider l'immense laboratoire installe en plein coeur du parc apres le meurtre, incarceration de coupables designes...(!).
Doucement l'expedition se monte,les annonces pour trouver une voiture passent a la tele et la radio, allers-retours en moto-taxi au marche pour acheter nos victuailles et nous nous laissons vivre chez Papillo en pension complete. Ça y est on fait parti des meubles, sous les surnoms de Maria y Pancho !
Jour J, fin d'apres-midi, le mini van 4x4 est charge au maximum et nous roulons toute la nuit conduit par un Papillo egalement charge au max (coca, boissons energisantes et petards...) 12 heures pour parcourir 300 bornes ça donne un aperçu de l'etat de la route... et du personnage! La nuit est parfaite, piste exigue en terre, ciel etoile, pause dans quelques communautes endormies, Papillo nous raconte son pays jusqu'au jour et le village de la Florida, communaute de 30 familles environ. Au milieu des huttes en chaume, deambulent, les vaches, les cochons et les gamins craspouilles.
Rencontre avec notre guide Juan-Carlos, 24 ans et toutes ses dents (assez rare dans le pays pour etre souligne!), sa machette de 1 metre greffee a sa main droite... Taille pour l'aventure (François planque le bout de la sienne achetee pour l'occasion et destinee a fendre bois et lianes ... Juan Carlos pense qu'elle fera l'affaire pour couper la viande le midi...). Au cours d'une peche matinale, Juan a decouvert un anaconda en pleine digestion et nous embarque a sa recherche. Ça commence fort; pieds nus dans le marigot, nous nous retrouvons en tete a tete avec un serpent de 7 metres de long !! Impressionnant!!
Des monstres dans le genre il en existe differents types dans le secteur: des crocos atteignant 7/8 metres qui ne crachent pas sur un gamin qui patauge, un pecheur arsouillé (on en a vu un au milieu de la riviere qui a fait faire un joli sprint a Papillo pour sortir de l'eau...), et bien sûr "El tigre" ou jaguard! Les villageois nous racontent navres de nombreuses histoires d'attaque du felin, de jour comme de nuit, ce qui entame serieusement notre ame d'Indiana Jones... "Dis François, tu m'accompagnes jusqu'a la cabane a chiotte??".
Le matin suivant nous penettrons le parc; pendant 8 jours nous avons ouvert des chemins et progresse a la machette (qui a bien servie finalement!), enjambe des amas de troncs, de lianes et des fourmilieres geantes, tombe dans des trous (brrr), ecoute l'oiseau sentinelle, seche notre viande au soleil (et accessoirement la partager avec mouches, abeilles et fourmies), surveille la piste du jaguar...tres tres fraiche par ailleurs...histoire de ne pas se retrouver nez a nez (il y a des histoire cocasses et d' autres qui font froid dans le dos)...
Mais c'est aussi pas mal d' animaux d'observes: de grands arras, des tortues terrestres, des centaines d'insectes, des serpents (cobra et corail), des singes araignee, des chauve-souris piscivores, des toucans, une foule de plantes et d'arbres aux vertues diverses et variees....
Ainsi que des paysages a tomber a la renverse: la fameuse "meseta", relief tabulaire dominant la jungle et la savane ouverte et qui aurait inspire le roman "Le monde perdu",
des torrents et cascades aux eaux turquoises où il fait bon se baigner et se laver plein de p'tits poissons multicolores qui vous mordillent les cuisses, les couleurs et les bruits du lever et du couchant...
Neanmoins cela reste un environnement hostile, "attention où tu fous tes pieds, tes mains!! et ça, Juan ça pique? oui, muy fuerte!!", de jour comme de nuit les insectes, araignees et serpents grouillent, piquent, bourdonnent, rampent, se faufillent, mordent, brulent... et font tres tres tres mal (par exemple il y a meme des fourmis qui te foutent la fievre... 3/4 cm de long ça cause...).
Bref la jungle, en tente, autonomie complete pendant une bonne semaine, c'est une experience inoubliable!!
Retour a la civilisation par la route dite des pionniers... La magie continue: traversee des domaines des gigantesques haciendas, soleil couchant sur les troupeaux de zebus et les palmiers, vols d'echassiers, autres oiseaux aux plumages hallucinants et vision furtive du puma qui traverse la route... Nous passons quelques jours de plus a San Ignacio que decidemment nous avons bien du mal a quitter. Nous retrouvons notre ami Guillermo, grand exalte de la bouffe avec qui nous reprennons nos conversations gastronomiques, et qui nous font rever de bons petits plats de nos mamans. Papillo emmene François pecher sur le barrage, nous prennons possession des fourneaux pour le petit dej' ou pour une seance crepe bretonne et passons d'excellentes soirees.
Veille du depart, Papillo nous demande de raconter notre sejour a la presse locale car il aimerait bien promouvoir un peu plus le tourisme communautaire et responsable du secteur. A peine sortis du lit, entre un cafe et une tartine, on prepare nos phrases en espagnol (tellement on maitrise...)...pas le temps !! Les journalistes debarquent deja et finalement on a carrement droit a la tele! Enorme! Le soir meme, reportage sur Canal13 que nous regardons tous ensemble sur le vieux televiseur du resto. Bon souvenir...
pour ceux qui veulent se marrer un peu en ecoutant notre accent d'enfer... http://www.youtube.com/watch?v=VyyFhUwtMV8 Les missions: Bien calles dans les chaises de salon de jardin en plastoc qui viennent completer les fauteuils du minibus nous roulons vers les villages de Santa Anna, San Raphael, San Miguel et San Jose de Chiquito. Petit encart culturel pour evoquer les Missiones.
Inspirees des cites ideales des philosophes du XVIeme s., les missions etaient des models de vie communautaire entre les jesuites et les indigenes. ils reussirent a etablir une vrai force militaire et spirituelle d'opposition aux espagnols et Portugais, protegeant ainsi les indiens de l'esclavage. Chaque communaute etait administree conjointement par quelques pretres et un conseil de chefs indiens (rare exemple de partage de pouvoir a l'epoque coloniale)La puissance des jesuites finit par causer leur perte...
Pour les plus interresses. Sinon louer les DVD du film "Misson" avec De Niro. qui retrace les derniers instants des pretres jesuites de cette region. Restent de nombreuses eglises tres bien restaurees et inscrites au patrimoine UNESCO, ainsi qu'une population indigene devenue tres pieuse. Quoi qu'on puisse penser de l'intervention des jesuites, ça fait quand meme "sacrement" mal de constater que la chretiente a presque totalement efface les riches croyances animistes des indigenes (dont Papillo avait quelques souvenirs quand meme).
Santa Cruz de la Sierra - 1,5 M d'hab - Alt: 415 m Coeur economique du pays, population plus moderne qu'ailleurs (quoi que les mennonites a la peau livide vetus de saloppettes et robes bouffantes façon quaker de l'ouest americain nous font replonger 1 siecle en arriere, voir dans un film d'horreur...). Ce que l'on retiendra de la ville: la bouffe internationnale!! Ahhh les magnifiques plateaux de sushis a 5€, les bonnes bouteilles de vin et la viande rouge sanglante! On en a aussi profiter pour faire reajuster un p'ti truc offert a Marion...
Sucre - 250 000 hab - Alt: 2800 m Coeur symbolique de la nation, où fut proclamee l'independance et capitale constitutionnelle, bien que que les institutions soient aujourd'hui a La Paz. A la sortie du bus, on attaque une petite cote jusqu'au centre. Arrggg!! la machine a globules rouges a un peu de mal a se mettre en route...oxygene por favor! La ville "blanche" est tres belle, on visite les monuments, on prend un peu de hauteur pour admirer le coucher du soleil
et on se regale au comedor du merdo municipal, les cholitas severement nattées et chapeautees s'activent derriere leur gros marmitous pleins de viandes en sauce et de patates, la barbaque est decoupee a grands coups de haches de bucheron a l'arriere des etalages des boucheries, les mamies s'assoient par terre devant leurs deux avocats, trois poivrons et quelques fleurs a vendre biensûr, et on se delecte de magnifiques salades de fruits frais a 50 cts...
Nous partageons avec la nouvelle classe moyenne une petite seance cine. Ici c'est a l'americaine, gobelet d'1 litre de coca calé sur le fauteuil specialement amenage et 3 kg de popcorn par tete de pipe... Le dimanche, nous allons au marche de Tarabuco où tous les indigenes descendent des montagnes pour vendre ou acheter leurs matieres premieres alimentaires ou autres textiles.
Costumes traditionnels, mamies aux visages burines par le soleil, gamins aux paumettes cramoisies, on est en plein coeur de l'altiplano.
A Sucre, nous visitons egalement le tres chouette musee ethnographique et des arts textiles qui nous donne envie de plonger un peu plus dans les montagnes où vivent les communautes Jalq'a. Cordillera de los Prailes - quelques hab. et lamas - Alt: 3000 a 3800 metres C'est donc parti pour une rando de deux jours dans les montagnes autour de Sucre. Au depart de Chatequilla, nous retrouvons Sylvie et olivier, deux belges rencontres a Tarabuco. Ensemble nous descendons le chemin inca jusqu'au village de Chaunaca et grimpons ensuite dans le pseudo cratere de Maragua.
On en sort le 2eme jour le souffle tres court... Ici et la arrivent des femmes en habits traditionnels de tous les villages alentours pour assister a la rencontre "parents-prof" de Maragua...
Sur une paroie rocheuse des dinosaures ont laisse les empreintes de leurs grosses pattes. A en croire leur blog, Regis et Vivi sont passes par la aussi; on a pas reussi a se retrouver mais on retrouve la trace fossilisee de leur fesses a l'endroit où ils ont casse la croute!! (a la revoyure les amis!)
Petite nuit a Potolo et retour a Sucre. Je m'installe sur le petit banc amenage a la cime de la cabine du camion (ici les betailleres sont appellees camiones et servent au transport des gens) et nous remontons les lacets escarpesde la piste. Ravin a droite, virage a gauche et les acoups de la vieille carlingue... plaisir et sueurs froides! Et hop une p'tite soupe a la patte de poulet pour se r'monter !!!!
Potosi - 150 000 hab - Alt: 4070 m Particularite de la ville: le Cerro Rico ("Mont Riche") et ses ressources minieres en argent, minerais dont l'extraxtion a largement finance la monarchie espagnole des le XVIeme siecle.
4 siecles donc d'exploitation intensive, des millions de morts chez les esclaves indiens et africains et des quantites d'argent exportees jamais egalees. Potosi est communement consideree comme l'Eldorado longtemps recherche par les conquistadors. Aujourd'hui la montagne est devenue un veritable gruyere, mais restent quelques filons exploites par les mineurs regroupes en cooperative. Ils travaillent dans des conditions qui n'ont guere changees depuis l'epoque coloniale. Grosse, voir unique activite touristique dans le secteur: la visite des mines, plethore d'agences propose d'ammener les touristes en casques et combinaisons pour voir les mineurs en plein sacerdoce. Le cote touriste europeen en mal de sensations fortes nous effraie un peu et on imagine tres bien l'horreur de leurs conditions de travail sans aller trainer dans leurs pattes; temperatures de 0 a 40oC, produits chimiques, poussiere, gaz, mort de silicose apres 15 ans de boulot... Au dela de ça, il faut bien avouer aussi que descendre dans des boyaux obscurs, et enjamber des trous de 20 m de profondeur ça se marie mal avec la clostrophobie et le vertige...un detail. C'est quand meme plus la classe de dire qu'on y est pas alle par pure consideration humaine!
Le musee de la monnaie, magnifique batiment où furent frappees les pieces coloniales, est ferme et ma machine a glogules n'arrive definitivement pas a se mettre en route: essoufflement intempestif, nuit agitee, esprit agard et regard vide... et si on redescendait un peu...?
Publié à 22:03, le 1/07/2010, San Ignacio de Velasco Mots clefs : De l' or et des pierres.... Minas GeraisApres Paraty, ville coloniale batie avec les benefices des extractions minieres du Bresil, nous decidons de remonter la piste de l' oooor jusque dans la region du Minas Gerais. Ouro Preto a ete fondée en 1711 à la suite de la découverte par les bandeirantes (pionniers) d'or dans les rivières. Elle devient rapidement une ville non seulement prospère mais aussi très importante : vers 1750, elle compte plus d'habitants que Rio de Janeiro ou New York. Jusqu'a la fin du 18eme siecle, la moitiee de l'or du monde fut extraite de l'etat du Minas.
La ville est juste magnifique, parfaitement preservee. Des rues en pentes seches (et en cotes archi seches!!), des gros paves polis par des siecles d' histoire, des dizaines d' eglises impressionnantes a l'architecture baroque qui dominent chaque quartiers, un environnement escarpe au coeur des montagnes, des maisons traditionnelles aux tuiles ocres qui tranchent sur l'enduit blanc, et une population issue de l' esclavage plus noire que sur la cote (qui tranche egalement tres bien sur l' enduit blanc ;-)). L' endroit nous plait, meme si c'est un calvaire pour les genoux.
Nous nous egarons dans les ruelles, visitons des eglises ornees de sculptures de Aleijadinho "le petit estropie" gloire locale et nationale atteinte de la lepre, parcourons une mine (seuls et equipes d' une lampe torche...bouhhh vive la clostrophobie en plus du vertige!) histoire de se faire une idee des conditions de travail des esclaves, observons les orfevres dans leurs ateliers où les pierres precieuses trainent sur un coin de table,
et nous nous offrons egalement une super visite de l' hopital public... En pleine nuit je retrouve François allonge dans les toilettes, grelottant et bouillant de fievre; courbatures, nausees et temperature a plus de 40ºC en un temps record, l' ombre de la grippe A pointe le bout de son nez. Ptite visite du SAMU local et trajet en ambulance jusqu' au centre de soins...le genre d' endroit qui donne vraiment envie d' etre malade! Sol macule de taches dont des taches de sang, hurlement d' agonie d' un pauvre homme, lambeaux de couverture, perfusion rafistolee au scotch, une dizaine de portes-savon naturellement vides malgre toutes les affiches de prevention contre la grippe A qui recommandent de se laver les mains...on pourrait presque voir les miasmes a l'oeil nu !! Et pourtant, les critiques sur le systeme public de soins s' arretent la, les analyses des sang arrivent dans la journee (grippe classique, mince on ne pourra pas se la raconter) et l'on quitte les lieux sans rien payer avec une provision de medoc gratuite!!
Diamantina:
Bon, on ne va refaire la description de cette autre petite citee coloniale, c'est la meme en plus petit, plus isolee et donc moins touristique.
Toujours la meme ligne directrice, richesses minieres et esclavage. Nous parcourons le camino dos escravos, route qui reliait les mines du centre a la cote bresilienne. Sous nos pieds des champs de quartz, des paves poses par les esclaves et la terre rouge bresilienne.
Deux options pour la suite du voyage. Repartir vers le nord; la cote bresilienne, Salvador de Bahia, Xinguara et redescendre vers le Pantanal, ou prendre tout de suite la direction de la Bolivie? On fait le point sur nos envies, notre budget et le temps dont nous disposons encore. Le choix est vite fait: a nous la bolivie ! On se dit qu'un autre voyage pourra nous ouvrir les voies du nord du sous continent: Colombie, Venezuela, Guyane, nord Bresil... ah le virus du voyage ! Le Pantanal, zone humide la plus vaste du globe a cheval sur la Bresil, la Bolivie, le Paraguay. Une énorme plaine, avec des cours d'eau coulant doucement durant la saison humide en de nombreux méandres, et submergeant plus de 80 % du territoire; il s'étend sur plus de 200 000 km², exclusivement dans le bassin du Rio Paraguay. Il constitue l' ecosysteme le plus dense de la planète tant au point de vue végétal qu'animal (marais, savane ouverte...et fort endemisme). Ideale donc pour l'observation de bestioles en tous genres, particulierement en fin de saison seche lorsque jaguar, tapir, fourmiliers, echassiers et j'en passe viennent s'abreuver et se nourrir au pres des derniers points d'eau. Bon, le mois de mai c'est plutot le debut de la saison seche mais ne boudons pas notre plaisir, au dela de l'observation de la faune, la decouverte de ce milieu naturel hors du commun se suffit a elle meme.
On debarque a Cuiaba avec pour mission de degoter un moyen de transport prive, un guide au poil, des hebergements qui nous permettent de penetrer le coeur des marais et tout ça pour un prix soutenable pour notre budget qui fond comme peau de chagrin (ah! vivement le retour en France sans travail, sans argent sans maison...que du bonheur en perspective!). Depuis 1 ou 2 decennies le Pantanal fait l'objet d'un florissant eco-tourisme...de luxe! Mais mince nous aussi on veut les voir les jaguars feroces, les loutres geantes, le crocrodiles aux dents acerees et les oiseaux multicolores! Mais bon, avant tout, visite de la ville de Cuiaba. 1er mai , jour ferie et traditionnellement chome, 40ºC a l'ombre, rues desertes, "tiens, si on allait dans les quartiers glauques de cette ville bien glauque?! Oh oui alors!" (gueules cassees, voitures sans plaques, baraquements crados, bars a putes où l'on observe discretement les moeurs locales en evitant de regarder la couleur de notre verre, plus tout ce que l'on soupçonne et qu'on ne voit pas ...).
Heureusement on finit la journee a l'ombre d'une petite place, ambiance familiale, guitard, churasco (barbecue, sport national), on mange a l'oeil en tchatchant dans notre portugais sans faille (qui en doute?). Puis nous faisons la rencontre de Joel, precurseur dans l'organisation de sejour dans le Pantanal. Il a des ascendants de la tribue des Bororo et il nous branche avec un guide, Doney, natif de la tribue "Wapashina" (encore autonome, c'est rare) du nord du Bresil. Apres la passionnante lecture de Tristes Tropiques où l'ethnologue Claude Levistrauss decrit differentes ethnies, ça nous enchante de parler de tout ça avec eux. Nous penetrons la region par la transpantaneira , une piste de terre de 150 km bordee de marais et entrecoupee de dizaines de ponts en planches. Pas besoin d'avoir un oeil de lynx pour observer les immanquables especes d'oiseaux qui peuplent le secteur; tuyuyu embleme du Panatanal, toucan, perroquets aras, diverses especes de milans, martins-pecheurs, herons, colibris,
et la lumiere rasante du soir qui donne encore plus de magie aux vols des echassiers et aux etendues de jacynthes d'eau.
Nous passons le sejours dans deux fazendas, entre promenades dans la savane et la foret pour observer les singes, coatis, cervides et caipibaras,
sortie en pirogue avec et sans guide sur les rivieres aux eaux noires
peuplees de piranhas, de loutres geantes et de jacares (nom local du croco) qui raffolent des leurres de François,
ballades sur les chevaux des vachers qui repondent au doigt et a l'oeil, on kiffe tellemement qu'on se prend vite pour les ganaderos a rassembler les vaches...
Bref un sejour au top grace a Doney qui se revele passionnant et intarissable sur la faune et la flore. Encore mieux, nos longues conversations du soir où on lui pose mille questions sur sa vie dans sa tribue et où il nous narre d'incroyables histoires de jaguar dans la pure tradition indienne : moult details, bruits plus vrais que nature, silences pour laisser planer le suspens...le grand frisson...
Publié à 04:46, le 7/06/2010, dans 3 Brazil, Ouro Preto Mots clefs : Brasil Brasil !Colonia del sacramento - Montevideo - Florianopolis - Curitiba - Sao Paulo - Paraty - Rio de Janeiro - Colonia Petite escapade en Uruguay. D´abord Colonia del sacramento qui semble s´etre endormie au debut du siecle avec ses rues pavees, l´enduit ecaille de ses maisons, ses chiens alanguis et des vestiges automobiles des annees 50 encore en circulation ou abandonnes ca et la dans la ville sans doute pour accentuer son cote retro et charmer l´oeil du touriste.
Pour la 2eme fois apres Buenos Aires nous nous retrouvons dans un hostel rempli de touristes etrangers. Tres bons endroits pour rencontrer d´autres voyageurs, ces hostels ont pourtant le chic pour nous foutre le bourdon. Entoures d´anglais, d´allemands ou de francais qui enumerent les pays enchaines au cours de leurs voyages, ils nous ramenent sans cesse a notre statut de touristes dans un monde ou le voyage est devenu un simple moyen de prouver aux autres l´interet de sa propre existence et son esprit aventureux...Une journee nous suffit a apprecier les charmes de l´endroit et nous filons vers Montevideo. Montevideo On elit alors domicile dans un hotel vide de touriste et amenage dans une vieille demeure magnifique et totalement delabree, a l´image des tenanciers... Premiere remarque (aussi juste ou faussee que peut etre une premiere impression) les gens qui deambulent dans les rues ne jouissent pas de la fiere allure des argentins. Malgre la reputation de Montevideo d´etre la ville d´Amerique latine au niveau de vie le plus eleve ainsi qu´une des villes les plus sures au monde, plusieurs personnes nous mettent en garde sur les voleurs a la tire et ce ne sont pas les patrouilles de policiers qui nous rassurent ni les saoulards qui errent la nuit une barre a mine dans le pantalon...La ville elle meme ne degage pas le meme raffinement que sa voisine de la rive opposee du Rio de la Plata. La majorite des vieilles batisses ont ete detruites au profit de barres d´immeubles plus propres a accueillir la population grandissante. Les quelques batiments anciens sont pour la plupart a l´abandon et flanques de constructions a l´allure triste et decattie que seule sait conferer une architecture a la fois moderne et depassee. Si ce type de contraste, temoin de l´histoire d´une ville en evolution, ont pour habitude de nous seduire, ici ils degagent une sorte de morosite. Pourtant la ville finit par nous toucher et certains quartiers nous charment tel que le marche couvert du port ou les alentours de la place independenzia dominee par les 26 etages du Palacio Salvo, plus haut edifice d´Amerique latine lors de sa construction en 1927.
Partout des travaux sont en cours pur rehabiliter des edifices ou refaire le pavement defonce d´une rue. Gageons que dans 10 ans, la ville aura un visage different ! Les uruguayens nous incitent a decouvrir leur pays plus en profondeur, notamment la cote atlantique pesentee comme tres belle et tranquille mais apres quelques freins inconscients (ou presque : l´immensite du pays, la langue inconnue...) nous sommes enfin impatients d´entrer au Bresil. Florianopolis Cap sur Florianopolis et 1ere claque : la langue portuguaise est aussi belle qu´incomprehensible malgre nos progres en espagnol. On tend l´oreille, on ecarquille les yeux, on grimace en signe d´effort mais non, decidemment aucun mot ne s´imprime sur notre disque dur. Ne reste plus qu´a ressortir la bonne vieille parade connue de tout etranger : On hoche la tete en affichant un sourire le moins idiot possible tout en esperant ne pas acquiesser a n´importe quoi...Dans le flot des bus qui desservent les 4 coins de l´Ilha Santa Catarina nous rencontrons Chris et Paul, un couple d´enseignants allemand tout juste a la retraite qui nous entraine a Barra de Lagoa, petit coin de paradis ou ils ont decide de se laisser vivre pendant 6 mois. En 2 temps 3 mouvements ils nous degottent une petite pousada rien que pour nous avec cuisine et salle de bain au coeur des maisons de pecheurs et nous invitent a partager leur repas. Tres vite, nous tombons sous le charme de l´endroit, village traditionnel de pecheurs preserve de la pression immobiliere qui a ravage le nord de l´ile, plein de vie malgre la basse saison, Barra de Lagoa nous offre le plaisir de sa longue plage de 14 km bordee par la montagne recouverte de Mata Atlantica et son canal paisible que se partagent bateaux de peche et pecheurs a la ligne quelques fois perturbes par le passage d´un yatch qui rejoint une villa...
Un tour du village, une session plage, le plaisir de s´approprier un chez nous (ou comment eprouver de la satisfaction en passant un coup de balai...) et on sent tout de suite qu´on va etre bien ici. Apres presque 5 mois de voyage, nous voici en vacances ( :) un peu de patience vous nous donnerez des claques au retour !) Je pourrais vous faire grace de la description de cette semaine aussi captivante pour quelqu´un d´exterieur que le recit des vacances de tante Regine et tonton Polo au camping de la Baule mais apres tout vous etes bien ici pour vous faire du mal !!! :)
Petits dejeuners de pasteque glanee sur le marche, caipirinhas bien dosees, aperos ou repas avec Chris et Paul qui se revelent etre de sacres routards, parties de buchette (il y a une vie apres le Yam´s, merci Babass) a l´ombre des arbres ou les vieux s´affrontent aux dominos, visite de l´ile, rencontre de charmantes bresiliennes sur une plage naturiste (malheureusement personne ne jouaient au raquettes), observation des colibris aux mutiples couleurs, "echanges" en portuguais avec Celina et Danielo (tudo bem ? tudo bom !, toujours avec le sourire sus evoque...)... On s´ouvre a cette nouvelle culture et l´on decouvre des elements dignes d´alimenter les meilleurs revues ethnographiques : Non, les bresiliens ne passent pas toute leur vie en short et en tongues et il arrive meme quíl fasse un temps degueulasse..., Non, toutes les bresiliennes ne sont pas canons et refaites et les boudins se pavanent aussi en string (ouf...), Oui, on peut etre malade avec 2 caipirinhas (mais il faut quand meme y mettre du sien...)
Curitiba Apres un chasse croise qui frole la chasse au tresor (le tresor c´est nous :)), Marie et ses enfants nous retrouvent a Porto Belo pour nous ramener avec eux a Curitiba (merci Celine pour le contact !) Curitiba ou plus precisement Alpha ville...Nous decouvrons alors les condominos, villes residentielles et protegees qui fleurissent partout au Bresil pour preserver les gens aises et les expatries de la violence latente du pays. Stephane et Marie nous accueillent dans leur belle maison et nous offrent leur regard eclaire sur le fonctionnement de ces villes paralleles, satisfaisant notre curiosite. Premiere recommandation de Marie : dans la maison faire attention aux araignees marrons, une petite piqure, la zone cyanose, demange, le venin attaque les reins et il reste 24 heures pour se faire injecter un antidote avant de clamser...plus de doute nous sommes au Bresil ! Nous decouvrons rapidement la ville plutot sympa de Curitiba, la ville isolee de Morretes que nous rejoignons en train, abandonnant le plateau de Curitiba pour plonger dans la plaine tropicale et passons de tres agreables soirees avec Marie et Stephane ou les caipirinhas, le barbecue et le risotto accompagnent des converssations tres instructives sur le Bresil.
Sao Paulo "Sampa" la démesurée, la bétonnée, la tentaculaire, la surpeuplée, la cosmopolite, la richissime et la désoeuvrée... Notre bus a une heure de retard, mon nom a déjà résonné plusieurs fois dans la gare routière et Olivier nous accueille rassuré! On se retrouve avec plaisir en famille et pendant 4 jour, Olivier, Leo et leurs enfants nous font découvrir la ville sous ses multiples facettes.
Les zones résidentielles qui entourent le centre: les coins tranquilles abondent, de grands parcs où la végétation primitive qui a été préservée accueille encore quelques singes et autres espèces endémiques, petits restos et vie nocturnes animée. Voilà une premiere image qui contraste avec l´enfer bétonné qu´on s´était imaginé. Les marchés: de l´impressionnant Mercado Municipal (parfait pour déguster le pastel, spécialité de la ville) aux petits marchés de rues, quel plaisir de flaner parmis ces centaines de fruits et légumes. La banane se décline en plusieurs variétés, de la minuscule "ouro" au coeur doré et savoureux, aux énormes bananes "da terra" à faire frire, en passant par les bananes au goût de pomme (!); la pitaya à la chaire rouge et au léger goût de fruits des bois qui nappe le palais, la goyave dans laquelle on croque comme dans une pomme et mille autres dont je ne retiens pas les noms. Je reste fidèle à ma préférée, la mangue. Ah le rêveillon français où l´on se retrouve au dessert autour d´une panniére de fruits exotiques pas vraiment mûrs... Une fois les litchies dévorés, chacun reluque la mangue. Qui en veut? ben oui, tout le monde naturellement... il ne reste plus qu´à savourer lentement le petit morceau qui vous échoit... Je compense donc tous ces souvenirs d´une enfance malheureuse faite de privations en m´envoyant d´énormes mangues juteuses à moi toute seule et sans état d´âme (juste quelques p´tites aigreurs d´estomac...).
Pression démographique et urbanisme: 22 millions d´habitants dans l´agglomération paulista, avec une densité d´environ 8000 hab/km²... alors que l´on comptait environ 4 millions de personnes en 1960! Cette croissance fulgurante n´en est pas à son achèvement: les prix de l´immobilier flambent, la demande est énorme, et partout les hommes sandwich promotionnent la construction de nouvelles tours. Autour du centre historique et de la réplique du monastère où les moines jésuites Anchieta et Nobrega fondérent Sao Paulo en 1554, les gratte-ciel vertigineux et hétérogènes s´agglutinent jusqu´à l´horizon. Du haut de l´Edificio Italia, la vue qui s´offre à nous nous hypnotise totalement. La ville s´est répendue à toute vitesse dévorant l´espace, bien au-delà par exemple de l´aéroport national dont les avions frôlent les building et manoeuvrent au-dessus des maisons, et intégrant les favellas en son sein; d´où un côtoiement des extrèmes...
Le grand écart: si les favellas et leur multitude de pauvres baraquements attirent nos yeux d´européens, il faut bien reconnaitre qu´à Sampa c´est la richesse et ses apanages qui choquent le plus! Pourquoi s´enquiquiner dans les embouteillages lorsqu´on peut se déplacer en hélico privé ?! Pourquoi vivre dans un appartement classique lorsqu´on peut habiter une "maison suspendue", véritable manoir qui chapeaute les grattes-ciel ?! Pourquoi faire ses courses en ville lorsqu´on a un shopping dans sa propre tour ?! Le "shopping" est une véritable institution au Brésil. Celui où Olivier nous emmène jeter un oeil est tout ce qu´il y a de plus luxueux: des marques haut de gamme biensûr, des restos chics évidemment, mais aussi des salles de ciné aux fauteuils plus confortables que ceux de la "first" en avion, des salles de sport hight-tech et des tours d´habitation qui permettent à certains de vivre dans ces grands complexes en circuit fermé sans jeter un oeil à ce qui se passe au dehors...
Paraty Une belle cite coloniale composee de maisons blanches aux fenetres en croisillons colores et de rues aux enormes paves interdites a la circulation, un port de goelettes que l´on peut louer pour s´aventurer dans la baie parsemmee de plus de 60 iles, des plages sauvages accessibles par des sentiers dans la Mata Atlantica, une specialite de cachaça artisanale...normalement tout devrait se passer pour le mieux :) !!
Apres avoir tres courtoisement demande aux indiens Guiana de bien vouloir degager, les portuguais se sont installes a Paraty au XVIème siècle. La ville est devenue un port important d´où partaient les chargements d´or récolté dans le sang et la sueur des esclaves... que dire de tout cela si ce n´est qu´effectivement la ville est très belle et son cadre encore plus...
Aprés avoir fait le tour de quelques pousadas hébergeant de jeunes touristes fêtards et branleurs servis par un personnel au salaire douteux (le touriste, colon des temps modernes), on rencontre Mateo et Pablo qui tiennent une petite pousada en cours de construction. Ce qui m´amène à fortement déconseiller l´occupation d´une chambre aux fenêtres sans vitres dans une ville blindées de moustiques et de vilaines petites mouches dont les boutons ressemblent plus à des plaies purulantes qui ne semblent jamais vouloir cicatriser (mes jambes que la nature avait déjà beaucoup gaté n´en sont que plus belles...). Nous ne devions rester que 2/3 jours a Paraty mais la situation a Rio notre etape suivante, suite aux innondations et glissements de terrain meurtriers, est telle que nous allons passer une semaine dans cette petite ville en attendant de meilleurs jours. Pour faire court (oui, je sais c´est deja trop long mais je fais de mon mieux pour combler les pauses cafe de certains...), voici les quelques moments qui nous auront le plus marques. Une chouette marche dans la foret ou l´on deniche notre premier toucan ainsi qu´une belle plage isolee,
le spectacle incroyable de l´ocean dechaine sur la cote idyllique de Trinidade normalement baignee d´eaux turquoises (j´aurais bien vu l´eau turquoise quand meme...),
une journee en barquasse d´ou je plonge dans une eau transparente parmi des centaines de poissons que je nourris avec des bouts de calamars piques dans les appats de François,
une apres midi sur un ilot desert au large duquel les tortues dressent leur tete,
et surtout une journee en velo ou nous rejoingnons la cascade Tobogan la bien nommee et une riviere a la piscine naturelle entouree de lianes ou je nage a 2 doigts de l´extase! Pour peu, on s´attendrait a voir apparaitre des indiens; on se demande d´ailleurs si ces sites n´ont pas servi au tournage de "La foret d´emeraude" (a verifier).
Depuis notre arrivee sur cette terre de metissages, toutes nos discussions, notamment avec des expatries, abondent dans le meme sens. Le bresil jouit d´une economie florissante grace en partie a l´exploitation de ses matieres premieres qui n´ont pas ete laissees aux mains de firmes etrangeres. Ses ressources lui garantissent la perennite de cette situation, notamment depuis la decouverte d´immenses champs petroliferes dans la baie de Santos. Sa dette nationale a ete integralement remboursee affimant son independance particulierement vis a vis des Etats Unis et sa place sur la scene internationale se fait de plus en plus pressante comme en temoigne l´attribution de l´organisation de la future coupe du monde de foot et des JO. A cote de cela, l´ecart entre les classes sociales semble toujours s´accroitre et ce ne sont pas l´education et la sante, secteurs a deux vitesses, qui ralentissent ce phenomene. D´un point de vue politique, a l´instar des autres etats sud americains, le Bresil est ronge par la corruption. Rien qu´a Paraty, ville de 30.000 habitants, l´equivalent de 30 millions d´euros est verse (par l´État federal) annuellement pour le developpement des infrastructures publiques. En constatant l´etat de ces dernieres (routes defoncees, absence d´assainissement....), les locaux nous confirment que la majorite de ces belles sommes disparait dans les poches de quelques notables. Pour enrayer cet etat de fait, il ne faut pas non plus compter sur l´information, les journalistes etant notoirement corrompus (ou elimines...), ni sur une reaction populaire massive, les bresiliens nous etant presentes comme un peuple assez fataliste. Au milieu de tout cela, les hommes de la police militaire (heritage de la dictature) aux mines patibulaires et aux armes d´assaut degainees, ajoutent leur dose de pression... Rio de janeiro De toutes les villes inscrites sur notre parcours c´est Rio qui atisait le plus ma curiosite; j´avais deja la tete pleine d´images, de fantasmes, de musique et de couleurs. Mais des que l´on approche de cette ville, toutes les lectures et tous les conseils se transforment en avertissements et en restrictions. Eviter tel endroit la nuit, tel autre le week end, et tel autre de maniere definitive. A force d´etre mis en garde constamment , on finit par se sentir frustre avant d´avoir penetre la ville. Pas d´angelisme stupide, Rio presente des dangers qu´il serait suicidaire de ne pas reconnaitre; mais quelle deception lorsque l´on sent qu´elle nous echappe alors qu´on a pas encore tendu la main pour en sentir l´essence. Malgre ces limites et leurs consequences sur notre entrain, les quelques jours passes a Rio nous auront permis d´imaginer le plaisir d´etre un carioca. Le bonde emprunte les "arcos da Lapa" et nous amene a Santa Theresa, quartier juche sur les hauteurs de Rio dont les rues pavees et les anciennes villas font resonner le passe de la ville; la vue plonge sur la baie, le sambadrome et les favallas accrochees a flanc de colline.
Dans le centre, les immeubles de bureaux se partagent la place avec les eglises baroques et les maisons coloniales colorees. Du pain de sucre, nous admirons le coucher du soleil et a la nuit les lumieres de la ville nous donnent la mesure de son immensite. La nuit dans les rues de Lapa, la fete bat son plein; sur le caniveau a cote de jeunes joueurs de samba je tente de rivaliser en remuage de popotin avec une mama, pendant que François sympathise de gre ou de force avec les ivrognes du coin... un petit tour au jardin botanique, de longs trajets en bus qui nous donnent un bref apperçu des differents quartiers. Et une nuit a Santa Theresa ou le hasard nous amene dans une petite soiree sur la terrasse suspendue d´une vieille villa transformee en cafe litteraire. Un groupe d´une dizaine de musiciens fait resonner la samba et tres vite l´ambiance devient electrique. Des enfants aux vieillards en passant par de plantureuses bresiliennes, tout le monde (y compris nous et un couple franco-polonais bien sympa rencontre a l´occasion) se dehanche jusqu´a en perdre haleine.
Ipanema (et Copacabana) avec son architecture contemporaine, ses boutiques, ses terrasses et ses touristes ne nous seduit pas de prime abord... jusqu´a se que l´on aille a la plage! Et la, la magie opere. Une plage gigantesque, du sable fin, une eau transparente et surtout des sortes de piscines naturelles que le courant a creuse dans le sable, et qui permettent de plonger librement a l´abris des vagues.
Et quel plaisir pour les yeux! Non non je ne parle pas des pics rocheux qui emergent de la foret encadrant la baie et la ville de leur beaute naturelle, non non, je parle des cariocas a la beaute pas toujours naturelle mais ô combien distrayante. La plage est truffee de fauteuils et de parasols, inlassablement une miriade de vendeurs deambulent bruyamment, les sportifs s´affrontent au foot-volley (le volley sans les mains !) et la peau s´offre au soleil.
Nous, petits matteurs amateurs eleves aux terrasses poitevines et limousines nous retrouvons plonges dans le haut lieu du mattage professionnel. A ne plus savoir ou donner de la tete et du commentaire. Ah ah, nous les imaginons d´ici les petits vicieux qui esperent que soit enfin venue l´heure des photos interessantes (ALEXANDRE GILLET, tes espoirs de ficelle ont ete exauces! nous ne seront pas ingrats). Allez, rien que pour vous qui vous serez reconnus ;-)
Un peu pour les autres...
speciale Nico....
Publié à 16:58, le 24/04/2010, dans 3 Brazil, Ouro Preto Mots clefs : Don´t cry for me Argentina !!Salta-Cafayate-Tilcara-Puerto Iguazu-Buenos Aires Salta et le Nord Ouest Argentin Nouvel episode argentin avec une particularite, celle de ne plus voyager a 2 mais a 7 !! C´est a l´aeroport de Salta que nous retrouvons 5 parigots en mal de vacances, blancs comme des cachets d´aspirine et prets a faire leur sort a des litres de cerveza et a des Kg de barbaque ! Premiere decouverte : la chaleur tropicale et un peu de pluie...mais no soucy, nos parigots sont equipes comme de vrais pros et de toute facon tout est paradisiaque compare aux 5*C qui sevissent en France.
D´abord, une visite de la tres agreable ville de Salta : batiments coloniaux, promenade dans les rues, musee sur l´etonnant passe Incas de la region (brrrr) , degustation de specialites locales : parilla, Malbec de Mendoza, empanadas, litres de Quilmes.... No bibimos mal !!!
Le lendemain, les choses serieuses commencent : notre programme, louer 2 voitures pour sillonner le Nord Ouest argentin facon road trip : on est jeunes, on est beaux, on a les cheveux dans le vent....et on a la tourista...ca c´etait pas prevu mais le matin du depart, le constat est imparable, on a deja une victime dans les rangs. Une viande pas assez cuite ? Des glacons dans un pichet d´eau? Et si c´etait plutot lui, le pisco sur avec un peu trop de blanc d´oeuf ??? (Laurette, je sais que cette simple image vient de te retourner le coeur ; ) ) Tout le monde rignoche, ravi que ca ne lui soit pas arrive personnellement! Mais Laurette tient sa revanche, le virus de la gastro qu´elle a manifestement ramene de France va vite contaminer les rangs et bientot le depart arrete en direction du fourre le plus proche devient le sport national. Laure s´offre une visite detaillee de tout ce que l´Argentine compte de toilettes et herite rapidement du charmant surnom de " Baños aqui ??". La quinzaine quasi complete aura pour theme les deboires gastriques de chacun. Nous on aime ca le partage avec un grand "Pet". ca doit etre notre passage commun a l´internat qui veut ca...
Mais oui Laure, je suis ton amie, pourquoi en doutes tu apres cette petite serie de photos...? : ) Aux volants de nos 2 petits bolides tout terrain (on ne leur a pas demande leur avis),
nous empruntons une petite route sineuse qui se transfrome vite en piste et nous amene sur notre 1er plateau andin apres le passage d´un col a 3500 m. Puis, en entrant dans le Parque National de los Cardones, le paysage s´applatit en plaines de cactus.
Les rues pavees, les maisons en pise et la place tranquille du village de Cachi (2200 habitants) nous offrent notre 1ere soiree loin de tout arrosee d´une delicieuse bouteille de vendanges tardives....Les vieux assis observent la rue, impassiblement, pendant des heures. Nous sommes dans les Andes et les visages autant que les paysages nous le rappellent. Des peaux cuivrees, des yeux brides, des cheveux raides et noirs et de petits gabarits. Les gens occupent les rues avec cette maniere si particuliere aux pays chauds que l´on ne sait jamais vraiment si ils travaillent ou si ils disposent de leur temps. Les Chiens regnent sur la terre battue. Chaque ville et village du pays compte ses hordes de chiens ni tout a fait errants ni tout a fait domestiques qui parcourent les rues en bandes nombreuses ou les differents croisement entre les races donnent parfois des resultats rejouissants. Chacun semble les nourrir et leur preter attention. Parfois, l´un deux nous suit, reclamant carresses et attention, nous craignons de ne plus pouvoir nous en defaire mais bientot il nous abandonne sans plus de ceremonie. A Cachi, nous trouvons les chiens les plus zen d´Argentine, vous vous asseyez a une terrasse et tres vite, 3 chiens viennent s´installer mollement sur vos pieds pour profiter de l´ombre de votre table. Deguster un bon vin avec ses amis en short et en T-shirt alors que la nuit est tombee...quel plaisir...sauf peut etre pour les 3 malheureux qui sont en train de se disputer l´unique "salle de bain" de notre chambre...
Nous prenons notre temps pour decouvrir les vallees Calchaquies. Le long de la piste, se succedent les villages en pise comme endormis, des ateliers traditionnels de tissage, des cahutes ou paissent quelques betes et ou fument les fours a pain, de veilles maisons qui, bien que modestes sont souvent ornees de colonnes ou d´arches mauresques. Pas de revolution agricole ici et les fermiers travaillent leurs champs a la faux. Derriere son cheval, un homme oriente sa charrue soulevant en nuages de poussiere une terre seche et ocre qui se disperse sous un soleil de plomb...
Autour de nous des cactus (cardon souvent utilise en menuiserie, faute de foret dans le secteur) et des formations rocheuses spectaculaires. Cette region tres belles est sans doute la plus depaysante que nous ayons visitee.
Mais le plus beau reste a venir, la Quebrada de Cafayate dont la roche rouge sculptee par le Rio de la Conchas tranche dans le bleu du ciel.
Pour clore ce chapitre, on s´offre une descente en rafting sur le Rio Jujamento. Le lit de la riviere est en aval d´un barrage. On descend tranquillement sur une eau limpide profitant du beau paysage et de l´humour caustique de notre guide. Apres un lache d´eau , la riviere se transforme en un torrent charge de terre. On en prend plein la tete, solution radicale pour reveiller 7 trentenaires (ou presque) qui se sont leves a 6 heures du matin. Puis parilla sous une paillotte perdue dans la cambrousse et sieste digestive en hamac. Decidemment no bibimos mal du tout !! Notre route nous mene ensuite au Nord de Salta dans la region de Tilcara. Apres une surprenante route qui nous fait traverser des montagnes recouvertes d´une jungle aussi dense qu´inattendue, nous retrouvons les paysages arides qui caracterisent cette region.
Le village de Tilcara se revele tres agreable, quoique un peu plus touristique que les vallees Calchaquies, et nous en faisons notre lieu de residence temporaire.
De la, nous visitons Pucara, fortification precolombienne dominant la vallee, Purmamarca au pied du mont au 7 couleurs (quel megalo ce patissier !!).
Puis nous passons un col a 4200 m pour arriver aux Salinas Grandes, decor irrel dont le nom a beaucoup inspire Sveltlana qui clot en beaute notre chapitre desordres intestinaux! T´inquietes pas ma belle, je ne revelerai rien...mais tu sais ca nous est tous deja arrive...entre 0 et 4 ans ! :D)
Deuxieme partie du voyage : les chutes d´Iguazu situees a la frontieres bresilienne. 23 heures de bus qui ne sont pas a la hauteur de ce que l´on avait annonce avec Francois : pas de couverture pour la nuit et un encas reduit au minimum...toutes les compagnies de bus ne se valent pas. Puerto Iguazu, ville semi tropicale ou le vert fonce des feuillus contraste avec la terre rouge du sol, ou le fleuve Iguazu fait office de frontiere entre le Paraguay, l´Argentine et le Bresil. L´endroit n´a pas d´autre interet que d´y trouver logement et nourriture avant de visiter les chutes. Nous retrouvons Felix et Stephanie, 2 amis de Lisa et Gillou qui sillonnent l´Amerique du Sud depuis 6 mois en velo et qui vont tres vite decouvrir ce que ca implique de voyager avec un grand groupe. En effet, faire decoller en rythme un groupe de 7, ca equivaut a demander a Francois de choisir son materiel de peche en moins d´1 heure...Bref, c´est mou du genou! " C´est quoi qu´on fait ? C´est quand qu´on part ?" et la question recurrente " C´est qui qu´a encore besoin d´aller aux toilettes ?" Mais bon c´est comme ca et au final, nous ca nous amuse beaucoup.
Les 2 jours suivants sont consacres a la visite des chutes. D´abord du cote argentin, spectaculaire, des amenagements au raz de l´eau et une foule de touristes qui donne un cote Dysneyland a ce site incroyable. Heureusement, les nombreux arcs en ciel et la multitude de papillons ajoutent a la magie des lieux. Et que dire de cette petite cascade et de son bassin naturel qui nous ont offert une delicieuse baignade !
Le cote bresilien offre une vue plus generale sur les chutes qui nous seduit d´autant plus que nous sommes beaucoup moins nombreux a l´admirer! Je sais, c´est pas terrible le cote touriste qui ne supporte pas ses semblables mais quand on est trop...on est trop !!
Dans notre projet initial, nous devions quitter le groupe a cet endroit pour rejoindre le Bresil mais on a pas vraiment envie de se separer d´eux et l´on voudrait bien prendre le temps de decouvrir Buenos Aires un peu mieux que lors de notre 1er passage. Nous empruntons donc de nouveau le bus pour 18 heures. Le grand luxe, couverture, oreiller, film, repas arrose de vin, sieges inclinables...que l´on prend vitre de mauvaises habitudes.!!
Le passage a 7 dans la capitale sera de trop courte duree. Le premier apres midi est consacre a la decouverte des quartiers populaires de San Telmo et de la Boca.
Dernier soir, la question de ne se pose meme pas, c´est une obligation d´aller faire pumpin up dans le quartier de Palermo. Une premiere biere dans le petit jardin d´un bar, histoire de commencer la soiree. Rien ne donnant plus soif que la biere, on enchaine les pichets, puis les tapas puis les pichets puis les whisky et l´on offre le spectacle de la classe a la francaise! On a une reputation a tenir et on en a ete les dignes representants...Bruyants, assoiffes, fetards et seducteurs (Francois et Gillou, vous ne partirez jamais en vacances tous les deux, c´est une decision commune avec Lisa qui n´appelle aucune discussion!). Le budget quotidien explose et l´on trinque hilares au crack boursier...Retour au petit jour dans notre dortoir...finalement aucune visite ne sera programmee le lendemain...
En debut d´apres midi, 2 taxis emportent nos parigots vers l´aeroport nous laissant bien maussades et comme deboussoles. On realise que ca va etre dur (tout est relatif bien sur) de reprendre notre rythme...
Apres une nuit de 15 heures, on se reveille a Buenos Aires, un peu depourvus de toute envie et surtout pas celle de reprendre la route, de toute facon, on ne sait meme plus trop dans quelle direction aller....Nous decidons donc de prendre nos quartiers dans la ville jusqu´a ce que l´envie de partir nous reprenne. Nous nous installons dans le bario de San Telmo ou les antiquaires ont pignon sur rue. L´endroit est vivant et plein de charme. Dans les rues pavees, les brasseries etalent leur terrasse et de minuscules boutiques s´agglutinnent elegamment dans d´anciennes galeries de l´epoque coloniale. Je me regale a decouvrir les tresors des antiquaires, les verres en cristal pour les liqueurs, les objets obsoletes bien qu´ingenieux et surtout les vieilles dentelles de robes qu´on voudrait porter tous les jours. Je ne resiste pas longtemps a l´envie de m´offrir un bibi des annees 40 que j´arbore fierement avec mes sandales a scratch...ma notion de la mode semble laisser perplexe les argentins dont le regard oscille ostensiblement entre mon chapeau et mes pieds...
Contrairement aux autres grandes villes visitees, Buenos Aires ne compte pas beaucoup d´excentriques, si ce n´est 2 ou 3 gothiques aux dents de vampires qui nous rappellent que nous sommes dans une capitale! La population est somme toute assez uniforme. Un argentin rencontre au cours de notre voyage nous avait judicieusement fait remarquer le peu de metissage de son peuple. Et nous expliquait que l´Argentine ayant aboli l´esclavage bien avant le Bresil, les couleurs et les traits n´y etaient pas aussi diversifies (apres verification, l´Argentine n´a aboli l´escalvage ¨que¨ 35 ans avant son voisin soit en 1853, pas dit que cette argument suffise a expliquer cette difference. Le 1er pays abolitionniste en Amerique du Sud, c´est le Chili en 1823). Dans la foule de Buenos Aires, on croise cependant des figures qui nous transportent directement dans les Andes ou au coeur des tribus Guaranis du Nord Est (Ils paraissent presque toujours un peu depourvus. Est ce que, a l´instar des Maoris de Nouvelle Zeland, les peuples d´origines devenus minorites patissent toujours de discriminations et de problemes d´integration?). Contrairement au Chilien de Patagonie dont les origines Mapuches se retrouvent dans leurs petites tailles, beaucoup d´hommes argentins fleurtent avec le metre 90. Souvent tres elegants, surtout les vieux messieurs. Tous semblent partager une meme occupation qu´ils exercent avec talent : matter les filles !! Francois s´adonne sans discuter aux coutumes locales avec d´autant plus de plaisir que les filles sont belles, fieres, elegantes et quasi systematiquement pourvues de longues jambes galbees et de poitrines avantageuses...tant d´injustice dans ce monde....
Bref, face a ces creatures de l´espace, quoi de mieux pour se reconforter que de se lancer dans de grandes seances de SHOPPING !!!! Nous devons acheter des tenues pour les 2 mariages auxquels nous sommes invites des notre retour en France et Buenos Aires se prete merveilleusement au leche vitrine !!! Vive les soldes d´ete debut mars !!!! Je m´en donne a coeur joie ! De boutiques en boutiques nous parcourons toute la ville alliant l´agreable a l´agreable ! Les quartiers populaires de La Boca et San Telmo au sud de la ville, le Microcentro ou quartier des affaires avec ses rues pietonnes grouillantes et ses belles galeries Pacifico, Once facon Barbes, l´avenue Santa Fe que j´ecume en zig zag passant d´un trotoire a l´autre malgre la circulation docilement suivi de Francois qui poursuit son activite fetiche : Matter (les petites manies des filles quand elles font les boutiques, les filles tout court, les gens, la vie dans les rues...), les quartiers branches de Palermo et Las Cañitas ou les charmantes rues pavees sont truffees de boutiques de createurs bien moins cheres qu´en France et de restos design ou l´on se regalle pour moins de 10 euros, ou encore Recoleta chicissime avec ses avenues ombragees, ses palaces et ses boutiques de luxe...Approche pas tres intellectuelle je vous l´accorde mais qui correspond parfaitement a notre envie du moment !
Je ne peux decrire tout ce que compte cette ville, quleques details cependant : _ L´architecture : Avant toute chose, il faut dire que nous ne nous sommes pas vraiment trimballes avec l´appareil et que nos photos ne rendent pas vraiment hommage a la ville, ceci dit : des beaux batiments coloniaux de San Telmo aux maisons simples et colorees de La Boca, la ville passe par tous les styles, la brique rouge de tradition anglaise des entrepots transformes en loft du quartier de Puerto Madero, les palaces tres parisiens de Recoleta, les colonnes type Grece antique de la fac de droit ou autres batiments...la ville rassemble autant d´influences qu´elle a attire d´immigrants d´origine diverses...et procure un vrai plaisir renouvele au promeneur. Certains batiments etaient encore en restauration en vue du bicentenaire de la ville. De nombreuses eglises frequentees avec ferveur aux personnages bibliques drapes de fourrures et capes de satin violet parsement la ville. Sur la place de Mayo, les meres des disparus de la guerre sale se rassemblent toute les semaines depuis 1977...Pendant notre sejour, la place qui est devenu le lieux des manifestations populaires arbore de grands etendarts au souvenir des morts de la guerre des Malouines contre l´Angleterre. En face de la place, la Casa Rosada du balcon de laquelle les celebres couples presidentiels d´Argentine (entre autres) arranguaient la foule, de Peron et Evita (dont le nom apparait toujours sur des murs de la ville) aux Krichner (dans les journaux, la Presidente est simplement nommee Kristina...).
_ Les transports : Les bus colores sillonnent la ville dans une sorte d´anarchie dont nous n´avons pas eu le temps de percer le secret ! Le trajet en metro ne coute que 20 centimes d´euros et permet d´emprunter la ligne A dont les wagons datent de la mise en service du metro en 1913 : banquettes elegantes en bois, miroirs, fenetres coulissantes, un vrai voyage dans le temps ! Traverser la ville en taxi coute moins de 5 euros et offre l´occasion de pasionnantes conversations avec les chauffeurs, personnages emblematiques de la ville, chaleureux, bavards, pleins de conseils judicieux, de curiosite et passablement roublards...
_ La securite : La ville nous parait tres sure (si ce n´est le quartier de La Boca unanimement deconseille aux touristes en dehors de la rue principale) mais les barreaux aux fenetres jusqu´au 2eme etage nous laissent imaginer que son passe fut plus agite... Partout, des policiers en poste dont la decontraction est bien loin de leurs equivalents francais. Clope au bec, papotages, portable a l´oreille, nous en surprenons meme d´eux en train de photographier les filles....un sport national je vous dis !! _ La Comida : Comme partout dans le pays, de delicieuses glaces, de bons vins et des viandes grillees tres bon marche. Mais pour etre honnete, le manque de diversite finit par lasser et c´est avec un grand plaisir que nous retrouvons des saveurs francaises dans la brasserie ¨ La Petanque¨. Escargots, lapin a la moutarde, creme brulee...Une foule etonnante se presse dans ce petit resto, la France fait recette! Si, en Nouvelle Zelande, les gens se pamaient litteralement en entendant nos ¨oups¨ou nos ¨olala¨a priori typiques, en Amerique du Sud, nous sommes surnommes les ¨ouioui¨...
_ La tele : Nous retrouvons 3 passions des argentins : Le FOOT, quel boutiquier ne s´installe pas devant sa tele pendant la retransmission d´un match ? quel argentin ne nous parle pas avec un sourire de Thierry Henri et de sa main malheureuse lors des eliminatoires de la coupe du monde ? quel match de la Boca ne se termine pas par des echauffourees? Les FILLES...et Les TELENOVELLAS, les chaines diffusent en boucle un nombre incalculable de ces series kitsh et grotesques ou les amoureux s´aiment, les megeres hurlent et les hommes intriguent...(mais comment fait on pour regarder pareil conneries...je plaisante, je sais tres bien comment on fait...) _ L´economie : Pleins de choses passionnantes a dire sur ce pays ou l´inflation est galopante, ou le salaire minimum est de 1200 pesos (soit 230 euros) et ou la crise de 2001 a laisse ses traces. Mes competences mondialement reconnues et mon analyse tres fine de l´economie me faisant craindre que vous ne puissiez pas saisir tout mes propos, je prefere vous confier aux bons soins de Wikipedia... ;) Bref, la ville nous plait tellement que chaque jour nous prolongeons notre sejour.
Pas d´angelisme cependant, comme dans toute ville, la misere est palpable et l´on ne compte plus les SDF et les enfants mendiants sur lesquels les regards ne se posent meme plus. Le soir nos pieds et nos mains noires nous rappellent la pollution qui nous entoure et le boucan de la circulation et des foules du Microcentro n´ont pas leur pareil pour me mettre les nerfs en boule. Rien de caracteristique a L´Argentine, c´est la meme chose a Paris. Nous ne sommes decidemment pas des citadins et au bout de 9 jours nous decidons de reprendre la route. Demain, nous traverserons le Rio de la Plata pour rejoindre l´Uruguay avant de gagner le Brazil Brazil... Publié à 03:18, le 22/03/2010, dans 2 Argentina y Chile, Florianópolis Mots clefs : { Page précédente } { Page 1 sur 5 } { Page suivante } |
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